Versicolor

Artiste, atelier de création de vitraux, objets de décoration

Histoire du vitrail...



Petite histoire du verre...


Selon la légende, le verre a été découvert par hasard, par des marchands phéniciens qui, allumant un feu de camp sur les rives du fleuve Belo en Syrie, employèrent des pains de nitrate comme support pour leur marmite. Le nitrate en fondant sous l'action du feu et en se mélangeant au sable du littoral, donna naissance à un liquide transparent. En se refroidissant, ce mélange a donné un produit cassant, mais transparent.

Aux environs de l'an 100 avant JC, les romains ont mis au point la production de verre par soufflage à l'intérieur de moules. Au Moyen-Âge, la production est réduite au verre avec de l'oxyde ferreux qui donne le fameux verre bouteille.

Dans les années 500 à 600 après JC, on souffle dans une bulle en verre que l'on fait tourner pour obtenir un manchon.
Vers 1200 on invente le verre plat par salage en cylindres : en balançant le verre soufflé.
On obtient toujours à l'heure actuelle des manchons de verre que l'on ouïe grâce à un fer rougi.

Le verre est formé de silice, de soude et de chaux, le tout porté à haute température pour en faire une fusion sans trace de cristallisation.
• Silice : vitrifiant
• Soude ou potasse : fondant
• Chaux : stabilisateur

La silice est portée à 1650°C, température où les molécules se disposent de façon ordonnée.
Le verre est donc un corps solide mais qui reste malléable. C'est un outil noble qu'il faut apprendre à maîtriser, mais quel bonheur dans le jeu des couleurs, dans l'utilisation des différents verres et dans la lumière qu'il focalise.


Petite histoire du vitrail...


« Le vitrail est une composition décorative qui tire son effet de la translucidité de son support. N'essayons pas de préciser davantage : la définition risquerait de laisser de côté les plus anciennes comme les plus récentes manifestations d'un art qui n'a pas encore dit son dernier mot. » (Jean Lafond, historien)

Le vitrail en tant qu'élément coloré et figuratif existait déjà à l'époque mérovingienne et carolingienne (de 476 à 987 après J.C.). Mais c'est au XIIe siècle qu'il commence sa véritable ascension. Au fil du temps, la gamme des couleurs s'enrichit et l'iconographie religieuse se fait de plus en plus réaliste.

Puis, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, l'art du vitrail subit une éclipse durable sous l'influence de l'architecture classique avide de clarté. C'est seulement dans les premières années du XIXe que l'on voit renaître le goût pour le vitrail. De nouvelles qualités de verre sont mises au point industriellement et les tons de grisaille (peinture sur verres) se multiplient. Avec l'Art Nouveau, le vitrail redevient un art vivant...


La technique du vitrail...


L'exécution d'un vitrail, selon les techniques traditionnelles, passe de nombreuses phases :

Le relevé des mesures, de l'emplacement, des gabarits et de l'orientation du vitrail
La maquette, esquisse en couleur établie en général à une échelle de 1/10ème. Elle doit donner l'aspect du futur vitrail en indiquant dans les détails les personnages et/ou la décoration, la répartition des couleurs, le tracé général des plombs et la place de l'armature métallique qui maintiendra les différents panneaux du vitrail.
Le carton est l'agrandissement de la maquette à la grandeur d'exécution, sans indication de couleur.
Le calque, le tracé et le calibrage. Le carton terminé est posé à plat sur une table ; un papier calque permet de relever par transparence le dessin des plombs dans leur axe, c'est-à-dire les lignes qui détermineront la découpe des morceaux de verre. Ce calque est à son tour reporté à l'aide de feuilles de carbone sur un papier bulle assez fort, appelé tracé. Le dessin ainsi obtenu est une sorte de puzzle dont chaque élément est numéroté pour en faciliter l'assemblage une fois découpé. La découpe ou calibrage, se fait soit à lame si le dessin est géométrique, soit aux ciseaux si tous les éléments sont différents. Cette opération terminée, chaque élément de papier appelé calibre, est assemblé sur le calque.
La coloration est le choix des verres teintés correspondant aux tons de la maquette.
La coupe des calibres placés par bandes sur les feuilles de verres correspondant aux couleurs choisies. Chaque pièce est aigrisée avec une pierre de carborundum pour abattre les arêtes vives et éviter les coupures lors des différentes manipulations. La coupe terminée, les pièces de verres sont assemblées sur le calque.
La peinture. Si le vitrail comporte de la peinture, on procède à un assemblage des pièces à peindre, soit par un montage provisoire avec des plombs à ailes étroites, soit par un collage à la cire sur une plaque de verre transparente. La peinture utilisée pour peindre sur verre, la grisaille, est un oxyde de fer ou de cuivre avec son fondant (verre réduit en poudre). Finement broyée, elle est, selon les techniques, délayée à l'eau, au vinaigre ou à l'essence de térébenthine.
La cuisson. La peinture terminée, les pièces sont à nouveau assemblées sur le calque. Un lit de plâtre déshydraté est préparé sur une plaque métallique. Les pièces y sont posées bien à plat et recouvertes de plâtre tamisé pour bien les isoler les unes des autres. On peut superposer ainsi plusieurs couches sur chaque plaque. Puis elles sont placées au four à une température de 630° pour permettre au fondant de s'incorporer au verre. La durée varie mais on peut compter une moyenne de 4 à 5 heures pour obtenir le résultat voulu. Puis il faut laisser refroidir les pièces 24 heures. Défournées et débarrassées du plâtre, elles sont de nouveau assemblées sur le calque.
Le sertissage ou la mise en plomb consiste à encastrer chaque pièce de verre dans des baguettes de plomb étirées au laminoir. Le panneau terminé reçoit deux nouveaux plombs d'entourage sur les côtés, qui sont fortement serrés par des règles afin de maintenir l'ensemble aux mesures. Enfin, avec des baguettes de soudure à l'étain, chaque jonction de plomb est soudée en forme de croix à l'aide d'un petit fer électrique. Le panneau est ensuite enduit d'un mastic semi-liquide qui en assure l'étanchéité et la rigidité. Après quelques jours de séchage, les panneaux sont enfin prêts à être posés...




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